Nous aurons l’immense privilège d’accueillir cette figure incontournable du théâtre et du cinéma sur la scène saint-loupienne le 10 avril prochain. Il s’est prêté au jeu de l’interview pour votre DMV (mars/avril), tout en simplicité et humour. Merci Monsieur Berléand !
Saint-Leu-la-Forêt ne vous est pas totalement inconnue… ?
Pas du tout ! J’ai connu un ancien maire, dans les années 80. Et surtout, j’ai travaillé plusieurs fois avec Pierre Aknine qui vit ici. Un formidable réalisateur ! J’ai d’ailleurs joué dans plusieurs de ses films, L’Affaire Boulin et La Main du mal.
Parlez-nous du spectacle que vous proposerez aux Saint-Loupiens : à quoi doivent-ils s’attendre ?
À en connaître un peu plus sur moi (ndlr : rires) ! David Becker, qui me connaît bien, m’interroge. Un groupe de musiciens ponctue la soirée avec des morceaux qui ont compté dans ma vie. C’est un spectacle toujours différent, improvisé, parce qu’il dépend du public. Je raconte des anecdotes sur ma jeunesse, mes débuts dans le métier, mes phobies… C’est amusant, tendre, plus sérieux parfois.
Que représente pour vous de jouer dans de petites salles ?
C’est très agréable d’être au plus près du public. On entend les réactions, cela créé une sorte d’interactivité naturelle. Il y a un an, j’ai joué des sketchs de Poiret et Serrault au Petit Montparnasse, une salle de 200 places, j’ai beaucoup aimé cette proximité.
Vous êtes au théâtre, au cinéma, à la télévision : quel exercice préférez-vous ?
Le théâtre… et de loin ! C’est le vrai métier. Au cinéma, on tourne trois minutes utiles par jour, au théâtre c’est une heure et demie sans filet, en lien direct avec le public. C’est lui qui décide de ce que sera la représentation. Chaque soir est unique.
52 ans de carrière… toujours le trac ? Et toujours autant de plaisir ?
Toujours les deux (ndlr : rires). La scène, c’est mon moteur. Il y a quelque chose de magique : vous pouvez avoir des douleurs, de l’arthrose et dès que vous mettez les pieds sur le plateau, tout disparaît. L’adrénaline prend le relais. Je dis souvent que j’aimerais mourir sur scène.
Qu’est-ce qui vous fait dire « oui » à un projet ?
Le scénario, d’abord. Puis les gens avec qui je vais travailler. Des rencontres ont particulièrement compté comme Pierre Jolivet, avec qui j’ai tourné plusieurs films ou Guillaume Canet. Et récemment, tourner avec Christian Clavier, qui est un comédien formidable, a été un vrai bonheur.
Un mot, pour finir, sur votre actualité 2026 ?
Justement, la sortie d’Avis de Tempête, une comédie de Ludovic Bernard, avec Christian Clavier, Elsa Zylberstein, Stéphane De Groodt, Maxime Gasteuil… Le scénario est à mourir de rire, et on a bcp ri sur le tournage ! Et la pièce que je joue avec Max Boublil, L’expérience théâtrale, partira en tournée après La Michodière.
Quel rôle rêveriez-vous encore d’interpréter ?
De grands classiques ! Oncle Vania d’Anton Tchekov, Le Roi Lear de William Shakespeare…
Et avec quelle comédienne/quel comédien auriez-vous aimé jouer ?
Alors j’ai eu la chance de partager la scène avec de grands acteurs. Mais j’aurais adoré jouer avec Gérard Depardieu. Pour moi, c’est le plus grand comédien français, le maître du cinéma comme du théâtre.
Vous avez publié Le fils de l’homme invisible. Et passer à l’écriture d’un film ou d’une pièce, cela vous tenterait ?
Non, ce n’est pas mon métier. Là il s’agissait d’un récit autobiographique. Je préfère rester comédien. En revanche, j’aime participer, proposer, ajuster un texte, surtout au théâtre.
Comment vous ressourcez-vous entre deux projets ?
C’est assez simple : je travaille celui d’après (ndlr : rires) ! Je vis de ma passion, je n’ai finalement pas besoin de me ressourcer autrement. Je devrais être à la retraite depuis un moment… mais quand je joue, je me sens vivant.
On dit que vous aimez les bons vins… des coups de cœur à partager ?
Oui, c’est une vraie passion ! J’aime beaucoup le domaine de La Négly, dans l’Hérault. Et une très belle découverte du côté de la Provence, le domaine Tour Campanets au Puy Sainte Reparade. Leur blanc est inouï… Mais je vous en parlerai peut-être plus longuement à Saint-Leu-la-Forêt !
